jeudi 29 octobre 2015

Jericoacoara - Brésil

Vendredi 30 octobre - samedi 14 novembre

Alors voilà premièrement, je me dois de vous expliquer pourquoi ce voyage était si spécial à mes yeux. Il y a quelques années, j'ai vu un reportage sur le petit village de Jericoacoara, au nord du Brésil. Ses rues faites de sable, l'océan s'arrêtant au pied de ses dunes, ses lagons, le fait que chaque soir tout le monde se réunisse sur la dune pour admirer le soleil se coucher sur l'océan... Tout cela m'a fait rêver depuis mon salon en France. Puis j'y ai repensé à Asunción et je me suis dit que je n'avais pas l'opportunité d'être sur ce continent tous les jours. J'ai donc regardé les billets d'avion qui n'étaient pas si cher, et en 3 jours j'ai embarqué Coline avec moi et on a pris tous nos billets pour 2 semaines au paradis !
Ah et j'ai également fait l'acquisition de mon premier sac à dos de voyage, que d'émotions !

Trajets :
1 jour de bus : Asunción - Sao Paulo (ville)
45mn de bus : Sao Paulo (ville) - Sao paulo (aéroport)
4h d'avion : Sao Paulo (aéroport) - Fortaleza
1 nuit : aéroport de Fortaleza
4h de bus : Fortaleza - Jijoca
1h de bus dans le sable : Jijoca - Jericoacoara
Et bien évidemment la même chose au retour, conclusion : 4 jours de trajet sur les 14 jours de voyage. Mais le séjour en valait vraiment la peine !

Logement :
  • 1ère nuit : dans un hamac pour 6 € sans petit-déjeuner (un peu cher).
  • toutes les autres nuits : Hostal America Do Sul pour environ 8 € dans un dortoir de 9 personnes avec un petit-déjeuner copieux chaque matin.




Nous avons rencontré des gens supers, et tout particulièrement Chris, Nico et Seba qui travaillaient à Jeri et vivaient à l'hôtel tout en profitant de la plage et des sport tels que le kite surf ou le wind surf.
Ces deux semaines étaient géniales, mais ce serait beaucoup trop long à vous raconter.
Nous sommes allées au lagon du paradis où il y avait des hamacs dans l'eau transparente, nous avons vu l'attraction touristique qui consiste en un rocher formant une arche, puis nous y sommes retournées à pied, nous permettant de nous balader sur une dune longeant l'océan, on a fait du buggy stop, on a passé une aprem dans une crique où il y avait des grosses vagues et une caverne cachée par la marée haute, on est passées au milieu des dunes de sable en buggy, nous avons bu des caipiriñhas, nous avons fait la fête lors des soirées reggae, vu le show de Chris avec du feu, admirer de la capoeira sur la plage et surtout nous avons vu le coucher de soleil presque chaque soir... Là-bas, c'est un rendez-vous, tout le monde se rejoint sur la dune pour observer ce moment magique et applaudir le soleil lorsqu'il s'est totalement couché.

Mais je préfère laisser les images parler d'elles-mêmes :
https://picasaweb.google.com/101785653578820488971/JericoacoaraBresil?authuser=0&feat=directlink


Les chutes d'Iguazu aux trois frontières (Argentine, Brésil, Paraguay)

Vendredi 16 octobre 2015

Foz Da Iguaçu - Brésil

Le vendredi à 00h15, nous sommes parties d'Asunción direction Foz Da Iguaçu à environ 6h30 de bus, la ville des chutes côté brésilien. Nous sommes arrivés vers 7h au terminal de bus de Foz, puis nous avons repris un bus pour un autre terminal et ensuite un dernier bus en direction des chutes et du parc naturel. Nous y sommes donc arrivées très tôt, vers 8h, alors que le parc n'ouvrait qu'à 9h. Bien évidemment, nous n'avons pas pensé à attendre devant les portes et nous avons donc dû faire la queue mais bon on le saura pour une prochaine fois ! Il y avait énormément de monde, mais alors vraiment, vraiment BEAUCOUP de monde !

Nos entrées achetées pour 52 reales brésiliens par personne (environ 12 euros), nous voilà dans le petit train nous emmenant à la partie du parc où on pouvait observer les chutes.
C'était très beau mais il y avait beaucoup trop de gens à notre goût et ce fut un calvaire pour circuler sur le chemin prévu pour admirer les chutes. Parfois, les perches à selfie nous empêchaient même de passer ! Où va le monde ?!
Le parc naturel est rempli d'oiseaux, d'insectes, de papillons de toutes les couleurs, de gros lézards et de mammifères. Dont les coatis, un animal qui vit en petits groupes et qui n'a pas vraiment peur de l'Homme, mais auxquels il faut faire très attention ! En effet, ils sont toujours à la recherche de nourriture et si vous avez le malheur de manger devant eux, alors ils essayeront de vous voler tout ce qui est comestible. Vous lirez plus loin que j'en ai fait les frais du côté argentin... Nous avons aussi vu un animal non identifié, nous avons donc décidé que c'était un écureuil-biche (vous verrez cette merveille de la nature sur l'album photo picasa).

Les chutes se font en une demi-journée, du coup nous avons décidé de prendre un bus pour Puerto Iguazu afin de passer la nuit du côté argentin et être sur place pour le lendemain.

Pour les photos, c'est par ici :
https://picasaweb.google.com/101785653578820488971/FozDaIguacu?authuser=0&feat=directlink






Samedi 17 octobre 2015

Puerto Iguazu - Argentine

Après 1h de bus et une micro sieste, nous sommes arrivés à Puerto Iguazu où nous avons mangé un plat appelé "nourriture du pauvre" et qui consistait en un énorme plateau de riz, pâtes, milanaises de poulet, laitue, chou...  Nous sommes ensuite parties à la recherche d'une auberge sympa pour y passer la nuit. Et là, ce fut le drame. Après s'être perdu dans cette petite ville, et avec le poids des sacs et de la fatigue, nous avons décidé de nous arrêter dans la première auberge que nous avons trouvé. Nous nous sommes donc retrouvées dans un dortoir de 4 personnes mais nous étions seules. Nous en avons vite compris la raison après avoir senti la tenace odeur d'humidité et vu que la douche ne nous offrait que de l'eau froide. Puis en sortant faire des courses pour se sustenter, nous avons remarquer une auberge génial à 200 mètres de la nôtre. Notre nuit étant payée, nous sommes restées dans l'autre pour la 1ère nuit qui nous a coûté moins de 10 €. Et puis, finalement, avec la fatigue du voyage et de notre journée de découvertes, l'humidité ne nous a pas empêché de dormir.
Le lendemain, nous sommes allé visiter le parc naturel des chutes côté argentin, qui est bien plus agréable, beau et grand. Il y a plus d'espace pour circuler donc on ressent beaucoup moins le sentiment de foule de touristes. On peut voir les chutes de loin, de près, de dessus et de dessous !

Vient maintenant ma lutte acharnée contre un coati. Nous avions décidé de pique-niquer tranquillement tout en faisant bien attention à ces animaux si fourbes. Et là, un coati arrive en courant. Panique. On remballe tout. Sauf le paquet de chips dans lequel j'avais la main. L'animal m'a donc pris pour cible, il s'est levé sur ses deux pattes arrière pour essayer de monter à ma jambe, heureusement je me suis éloigné à la vue de ses griffes ! Mais il me poursuivait tandis que j'hurlais le prénom de Coline en espérant un peu d'aide de sa part. Un espoir vain puisque mon "amie" n'était pas en mesure de reprendre son souffle à force de se moquer de moi et de ma détresse. J'ai donc lâcher mon précieux paquet de chips, objet de convoitise dont le coati s'est emparé avant d'aller le déchiqueter un peu plus loin.
Mais j'ai pu me rendre compte que je n'étais pas la seule victime de ces goinfres quand un jeune homme s'est fait voler la moitié de son énorme sandwich qu'il venait de prendre en photo, tout fier. Je pense que le coati a pu nourrir sa famille entière au vu des 30 cm de sandwich dont il a fait l'acquisition ! J'ai pourtant essayé de prévenir le mec mais ne parlant pas anglais, j'ai seulement pu lui montrer du doigt le coati au moment où il trouvait le graal.









Après cette journée riche en aventures, nous sommes rentrées à Puerto Iguazu, nous avons changé d'auberge pour dormir au Mango Chill dont l'ambiance était bien plus sympa. Le soir nous avons fait le petit marché d'où nous sommes rentrées avec un morceau de fromage argentin super bon mais très fort.
Et enfin, le dimanche nous avons repris un bus pour Cuidad del Este (Paraguay) puis Asunción. Le trajet fut long et pénible, les dossiers de nos sièges se relevaient au moindre trou sur le route. Autrement dit tous les 200 m sur les routes paraguayennes !

Pour les photos de cette journée :
https://picasaweb.google.com/101785653578820488971/PuertoIguazu?authuser=0&feat=directlink



Ce week-end nature était génial, et Coline est une super partenaire de voyage (et de vie à l'hôtel depuis quelques mois maintenant). Nous sommes toujours sur la même longueur d'ondes, cela nous permet de faire des voyages avec zéro conflit et ça c'est vraiment une chance !

jeudi 15 octobre 2015

Paraguay - Argentine

Mardi 13 Octobre 2015

Mon premier match de foot au Paraguay !

Et pas des moindres puisque le Paraguay affrontait l'Argentine chez lui, au stade "Defensores del Chaco" à Asunción pour les qualifications à la coupe du monde 2018 qui aura lieu en Russie, et l'arbitre était uruguayen.

Coline, Nico et moi avons donc rejoint le papa et le frère de Nico au stade. Nous étions derrière les cages, une des tribunes fréquentées par les vrais "aficionados" ! Le terrain m'a paru minuscule... Le stade a une capacité d'environ 48 000 spectateurs mais je pense que si 60 000 places se vendent, il n'y aura aucun soucis au niveau des normes de sécurité parce qu'il y avait énormément de gens debout aux entrées de la tribune et à la 2ème mi-temps, l'entrée du stade est libre.
Dernièrement, une tribune a été ajoutée au bord du terrain sans filet ni grillage pour empêcher les spectateurs d'aller sur le terrain. C'est une sorte de test pour voir si les gens arrivent à bien se tenir...

Les différences majeures au niveau du stade sont :

  • la petite taille du terrain (mais c'était peut-être un effet d'optique).
  • il y a un seul écran d'un seul côté qui annonce le score et le temps, du coup il n'y a pas de télé pour bien voir ou revoir les actions. Le seul point positif est que les pubs sont beaucoup moins présentes. Il y a seulement un énorme "Volkswagen" tout en haut sur un côté et des publicités qui défilent sur des écrans d'une longueur de stade.
  • s'il pleut, c'est foutu. En effet, il n'y a pas d'abri du tout !



Nico m'ayant offert un maillot officiel de l'équipe du Paraguay, j'étais équipée comme il se devait : maillot, drapeau, vernis et rouge à lèvres rouge, sans oublier le maquillage bleu blanc rouge acheté initialement pour soutenir la France lors de la dernière coupe du monde mais recyclé en drapeau paraguayen (il suffit de mettre ces couleurs à l'horizontal) !



Le match s'est terminé à 0 - 0 mais sincèrement le Paraguay a super bien joué, mieux que l'Argentine. Ils ont eu une meilleure possession de balle et environ le même nombre d'opportunité de tirs que l'Argentine qui nous a fait des tentatives misérables. Coline a trouvé que les joueurs étaient très fragiles, effectivement il y a eu beaucoup de chutes, et parfois sans aucune raison !
L'ambiance était vraiment super ! Les supporters derrière nous arrêtaient pas d'hurler mais c'était assez drôle. Et le frère de Nico, juste devant moi, était enragé ahahah ! En plus, le fait que les paraguayens parlent le guarani permet aux joueurs de communiquer entre eux sur le terrain sans que les autres joueurs parlant espagnol ne les comprennent et aux supporters d'insulter l'autre équipe ! Alors évidemment des insultes en espagnol telles que "hijo de puta" (je vous épargne la traduction) ont fusé mais ça ne change pas beaucoup d'un pays à l'autre, du foot reste du foot !

Ensuite, nous sommes allés chez des amis des parents de Nico, pas loin du stade, pour manger... un asado (quoi d'autre qu'un asado au Paraguay) et boire quelques bières ! Puis pour pour débattre du match et ensuite dévier sur la situation politique au Paraguay.

En somme, ce fut une super soirée !

vendredi 2 octobre 2015

Ma rencontre avec des réfugiés syriens

Il y a une semaine, nous nous étions rendu au grand mouvement de protestations de l'Université Nationale d'Asunción. Sur le campus, nous avions rencontré un ami, Samir, venu avec deux réfugiés syriens arrivés à Asunción il y a quelques semaines.
C'est ainsi qu'hier soir, Samir m'a dit qu'il était invité à manger dans la maison où ils vivent et m'a proposé de l'accompagner.

Tout d'abord, un petit bout de leur histoire

Ces réfugiés viennent de Qamishli, à la frontière avec la Turquie et non loin de l'Iraq, village de 400 000 habitants (dans lequel il ne reste plus que 150 000 personnes) situé au Nord du pays, et actuellement attaqué par l'Etat Islamique. Les habitants de ce village sont des kurdes, des syriaques et des arméniens. Ainsi, différentes communautés et religions cohabitent dans cette maison à Asunción. Il y a 2 kurdes musulmans, 1 arménien catholique et 4 syriaques chrétiens orthodoxes.
Samir m'a expliqué qu'au sein de la maison, ils n'avaient pas tous la même vision du conflit qui touche leur pays ni le même sentiment par rapport au président Bashar al-Assad (par exemple, les Kurdes sont plus séparatistes).

Je vous traduit l'article paru dans ultima hora le 30 août 2015 et vous donne le lien pour ceux qui comprendrait l'espagnol (avec une photo de la famille et... de Samir) : http://www.ultimahora.com/refugiados-sirios-paraguay-odisea-90-dias-huyendo-del-infierno-n926143.html

Ils sont sortis de leur village en courant, littéralement. Traversant la frontière turque pour fuir les bombardements et l'horreur.
Ils sont arrivés en camion à Istanbul, et là-bas, ils ont attendu 2 mois et payé quelques milliers de dollars à un trafiquant de personnes pour embarquer dans un avion en direction de l'Espagne. Cependant, le destin les a fait atterrir à Asunción, au cœur d'un continent dont ils connaissaient à peine le nom.
Nafia Elías (75 ans), Bedros Ibrahim (91 ans), Nahed Ibrahim (22 ans), Devet Ibrahim (13 ans), Suleiman Hasan (22 ans) et Shant Bahi (29 ans), sont des syriens qui se trouvent sous la protection de l'Etat paraguayen en qualité de réfugiés.
Le chemin fut long de Qamishli à Istanbul, puis à San Pablo, Santa Cruz, Río de Janeiro, Sao Paulo, jusqu'à arriver à Asunción. Un itinéraire de 10 vols !
"Dans notre village, il y a tout le temps de attentats. Un peu avant de partir, il y en a eu un dans le centre ville, nous avons entendu une explosion très forte, c'était une personne en moto chargée d'explosifs. Des enfants et des femmes enceintes ont été tués dans cet attentat." relate Nahed, à travers Samir Paravicini, de la communauté sirio-libanaise au Paraguay et qui fait le traducteur.
Comment est la vie quotidienne en Syrie ? Nahed dit qu'il faut que les gens continuent à vivre, "ils ne peuvent pas arrêter, parce qu'ils doivent manger, travailler. Ceux qui meurent, meurent et les autres continuent".
En Syrie, ils n'ont pas d'électricité, les prix des aliments ont augmenté et les hôpitaux ont à peine des médicaments, il manque du gas-oil, et c'est sûr qu'en hiver plus de gens vont mourir.
L'Etat Islamique bloque les routes et laisse la population sans recours/vivres, mais en même temps, la structure du gouvernement ne fonctionne pas pour la guerre civile, de ce fait les gens doivent survivre.
Avant le désastre. Ils se rappellent encore le temps où la Syrie était un lieu magnifique et sûr. "La beauté de la Syrie était dans sa diversité, où les arabes vivaient avec les arméniens et les chrétiens, et les araméens chrétiens et les kurdes. Il y avait tous les types de religion qui cohabitaient sans problème." reconnaît Shant.
Suleiman incline la tête et après une courte pause, relate que l'Etat Islamique tue les hommes, séquestre les enfants et les oblige à utiliser des armes pour tuer les gens. Il séquestre aussi des femmes, les viole et après, les vendent pour 100 dollars comme esclaves.
"C'est sûr que s'il y avait du pétole, s'il y avait de l'argent, on aiderait la Syrie, mais comme il n'y a rien, il n'y a pas d'aide directe" regrette un des réfugiés.
L'avocat Federico Salgueiro, qui assiste les syriens, souligne le soutien de la communauté sirio-libanaise du Paraguay en affirmant : "Le soutien est gigantesque. Ils louent une maison pour eux, ils les assistent dans tout ce qu'ils ont besoin. La seule chose qui leur manque maintenant est de retrouver leurs familles".
Ils laissent derrière eux la destruction et l'épouvante d'une guerre que le monde voit à travers la télévision. "Quand nous sommes arrivés, nous étions très tristes, notre âme était fatiguée, et maintenant avec un si bon traitement, nous nous sentons très bien" disent-ils. Et Bedros, avec ses 91 ans et son regard ému, dit merci dans sa langue, et cela paraît un bon moment pour se rappeler que "la solidarité est la tendresse des peuples".


Ces réfugiés, qui sont avant tout des êtres humains, veulent aller en Europe. Ils pensent que le Paraguay ressemble à la campagne qu'ils ont fui. Ce que j'ai essayé de leur expliquer c'est qu'ici, ils seront beaucoup mieux accueillis et acceptés que sur ce continent qui les fait tant rêver : l'Europe. Samir m'a expliqué qu'au Paraguay, tout reste encore à faire, tu peux bien vivre en ouvrant un commerce ou en montant ton entreprise. Et surtout, les paraguayens se comportent comme ils l'ont fait avec moi, ils font en sorte que leur pays devienne le leur et qu'ils s'y sentent le mieux possible !


Maintenant, parlons de choses plus joyeuses : ma soirée de partages

Au menu, il y avait du poulet grillé, du Kafta (viande épicée, TRÈS épicée pour moi), une sorte de sauce blanche à l'ail (Tum) et une salade.
Alors évidemment, certaines nourritures ont mis le feu à mon palais et à mes papilles mais c'était vraiment très bon. Ce n'est pas bien vu de refuser ou de laisser de la nourriture, j'ai donc été contrainte de manger des aubergines et des courgettes. Mais bon après avoir entendu leur histoire, je ne vais pas me plaindre, n'est-ce pas !


Nous avons été servis comme des rois, Samir était assis en bout de table car c'est la place la plus importante. Je n'ai pas eu le droit de débarrasser le moindre couvert (je commence à avoir l'habitude ici) et on me remplissait mon verre dès que je le terminais.
Ensuite, nous avons mangé des glaces et discuté autour d'un narguilé !
Evidemment, nos hôtes commencent seulement à apprendre l'espagnol et moi je n'ai jamais parlé un seul mot d'arabe. La différence de langue peut vite amener à un sentiment de frustration à chaque tentative pour communiquer, chacun se regardant avec de l’incompréhension et de l'impuissance dans les yeux. Rien que pour demander au petit garçon s'il aimait le Paraguay ou les glaces, j'avais besoin d'un traducteur. Heureusement, j'en avais plusieurs à ma disposition ! Dont Samir, qui jonglait entre l'espagnol, l'arabe et le français. À la fin de la soirée, il n'arrivait plus à parler aucune langue sans difficulté, le pauvre ! Rien que de parler espagnol tout en pensant en français me coûte quand je suis fatiguée, alors je n'imagine même pas ce que ce doit être de traduire en arabe ce que je lui disait en français, tout en pensant en espagnol !

C'était vraiment fou de rencontrer des jeunes et des beaucoup moins jeunes qui ont fait un si long voyage pour fuir les bombes. Et surtout, que cela se passe en 2015 !
Il y a une fille de mon âge avec son frère de 13 ans, seuls à Asunción, séparés de leurs parents par un océan. C'est vaste un océan, surtout pour un petit garçon de 13 ans (et même pour une jeune fille de 22 ans).

J'ai appris hier soir que moins on a, plus on donne.

Une dernière chose qui m'a vraiment révolté c'est l'ingérence dont fait preuve les États-Unis ! Pensant, pour je ne sais quelle raison, que le continent américain tout entier lui doit des comptes et des informations, celui-ci vient vérifier dans les registres paraguayens quels sont les réfugiés qui entrent sur le territoire et se permet ainsi de les juger comme "dangereux" ou non !

Après cette expérience, je ne comprends pas comment certaines personnes peuvent encore faire l'amalgame entre immigrants et réfugiés, et comment des pays peuvent fermer complètement leurs frontières à des êtres humains (oui, oui, comme vous et moi) en danger de mort.
Ce n'est pas mon intention d'ouvrir un quelconque débat sur le sujet. J'ai seulement envie de vous faire partager mon expérience et un bout de leur histoire.




Merci beaucoup à Samir pour les nombreuses (et précieuses) informations.

jeudi 24 septembre 2015

Le printemps paraguayen est enfin arrivé

Et non je ne vais pas vous parler des saisons...

J'aimerais que ce qui est en train de se passer au Paraguay en ce moment-même soit connu de tous et de toutes ! Pour que les étudiants paraguayens et en particulier ceux de l'Université Nationale d'Asunción puissent recevoir le soutien du monde entier.

Tout d'abord, une marche étudiante (les participants étaient des étudiants du collège jusqu'à l'université) a eu lieu le vendredi 18 septembre 2015  à Asunción pour réclamer de nombreuses améliorations (nécessaires) dans le système éducatif du Paraguay.

Ensuite, les étudiants de l'UNA protestent contre la corruption qui touche leur université mais aussi tout le pays. À ce que j'ai compris, tout est parti de la Faculté de Sciences Vétérinaires. Des centaines de personnes occupent donc le campus de l'université avec des pancartes disant "dehors la corruption" ou "dehors Froilán Peralta (le recteur de l'université)". Vendredi 25 septembre était le 5ème jour consécutif de ce rassemblement ! En effet, les étudiants restent sur le campus pour protéger les preuves papiers des délits commis par le recteur et autres irrégularités présentes à l'UNA car la "fiscalía" (qui correspond au ministère public) ne vient récupérer ces preuves que le mardi 29 septembre ! Je vous traduit ici leur "communiqué à l'opinion publique" :

  1. Ils réclament que des investigations soient menées et des éclaircissements sur toutes les dénonciations de corruption et les irrégularités dans l’assignation de postes de professeurs à des personnes qui n'ont pas le profil pour exercer une si noble mission.
  2. Ils désavouent l'utilisation discrétionnaire des fonds universitaires prenant comme excuse l'autonomie universitaire, concept ayant été dénaturé par le recteur actuel de l'UNA, le Docteur Froilán Enrique Peralta Torres.
  3. Ils exigent la démission immédiate du recteur de l'université car il est l'icône d'un système universitaire décadent et obsolète.
  4. Ils demandent que toute les citoyens adhèrent à cette cause qu'est la véritable autonomie de l'université.
Le recteur s'est rendu coupable de népotisme (abus de quelqu'un qui use de son autorité pour procurer des avantages aux gens de sa famille, définition Larousse) en payant des membres de sa famille une fortune pour des postes qu'ils n'occupaient pas, invoquant ensuite le manque de fonds pour justifier le salaire de misère du corps enseignant de l'UNA.
À savoir que les rectorats de l'Université Nationale d'Asunción ont toujours été orientés politiquement vers le Parti Colorado, parti de la dictature, depuis la fin de celle-ci. De ce fait, aucun rassemblement de type culturel ou politique n'a jamais pu avoir lieu dans cette université. C'est-à-dire, par exemple, qu'un groupe avec beaucoup d'étudiants qui boivent un terere ensemble, moment typique et normalement convivial au Paraguay, peut se transformer pour certains en un rassemblement suspect (il ne faudrait pas qu'il leur viennent en tête des idées "révolutionnaires").


Ce mouvement a déjà reçu le soutien de plusieurs personnes se prenant en photo avec une pancarte #UNAnotecalles sur les réseau sociaux, allant même jusqu'à recevoir des photos d'étudiants européens ! Les autres universités d'Asunción et du pays font parvenir des lettres ouvertes à l'UNA pour lui démontrer leur soutien. Des compagnons de mon université, la UCA (Université Catholique d'Asunción) ont organisé une collecte d'eau et de "yerba" (pour le terere) afin que les étudiants supportent un peu mieux la chaleur. Et des entreprises se joignent également de cette manière à leur cause tandis que les pompiers de San Lorenzo, le quartier d'Asunción où se trouve le campus, ont arrosé les étudiants avec des lances à incendie les jours où il a fait plus de 40°C.

En cette nuit du jeudi 24 septembre au vendredi 25 septembre, plusieurs événements sont survenus à la UNA mais je n'ai pas encore assez d'informations pour vous les expliquer correctement. Il me semble qu'une femme a pénétré dans des bureaux de l'université pour faire disparaître des preuves du népotisme et de la corruption présents dans l'université. Ce sont malheureusement des preuves papiers, certaines ont donc commencé a être brûlées. La personne venue dans ce but s'est fait prendre en flagrant délit et, prise de panique, elle a commencé à... MANGER les feuilles de papier puis s'est cachée derrière une chaise ! Des photos de cet événement circulent sur les groupes whatsapp entre les étudiants ou sur les réseaux sociaux.

Le vendredi 25 septembre, Froilan, le recteur de l'UNA, a démissionné !
Cependant, la lutte continue et les élèves comptent bien rester debout. Ils ont lancé un appel général le vendredi à 19h. Je me suis rendu le soir du vendredi 25 septembre sur le campus de l'UNA car les soutiens reçus via les réseaux sociaux ne suffisaient plus (des départs depuis le campus de l'Université Catholique étaient organisés). Il y avaient énormément de monde, des réserves d'eau immenses mais pas encore suffisantes, des tentes plantés là pour la nuit, des tambours et des pétards résonnant dans la nuit, des dizaines de pancartes gigantesques accrochées ici et là, des intervenants qui se passaient le micro pour conter leurs expériences et leur pensée, des acclamations et des applaudissements, des chants, des drapeaux paraguayens démontrant l'amour de ces jeunes pour leur pays... Tout ça dans une ambiance chargée d'émotion et de rage de changer ce pays et son système éducatif et politique. Une professeure a témoigné, la gorge serrée, que les enseignants se joignaient également à cette cause, un autre intervenant s'est dit fier de son pays et de sa jeunesse, une étudiante a témoigné de son envie de vaincre la corruption avec force... Car c'est bien aux étudiants qu'il incombe de protester pour avoir une chance d'améliorer leurs conditions de vie en général, et aujourd'hui ils en ont pris conscience tous ensemble.

J'ai cherché plus d'explications sur ce tournant de l'histoire que j'ai "la chance" de vivre sur place mais seuls les médias paraguayens parlent du mouvement de l'UNA. Voilà pourquoi il m'a semblé important de vous expliquer au mieux ce qu'il se passe à quelques kilomètres du centre d'Asunción au moment où j'écris cet article.










UNA no te calles !



Voilà le visage de ces jeunes ayant le même âge que moi sans avoir les mêmes libertés, la marche étudiante de vendredi en images : https://www.youtube.com/watch?v=Fpmd5l_QmUI

mardi 8 septembre 2015

Aregua, "ville fraisière"

Dimanche 6 septembre 2015

La foire aux fraises, événement incontournable d'Aregua !


Temps approximatif en bus : 1h15.

Prix : 2 300 Gs (environ 0,40 €).


Départ pour notre journée fraises.
Nous nous sommes donc levé à 6h30 (ce fut très dur) pour prendre le bus jusqu'à Aregua. J'étais déjà allé dans cette ville situé près du Lac Ypacarai à mon arrivée au Paraguay. Cependant, aujourd'hui était le dernier jour de l'"Expo frutilla" (l'exposition de la fraise) et mon but était donc de me gaver de fraises jusqu'à n'en plus pouvoir. Ce que j'ai fait.

L'absence d'arrêt de bus au Paraguay me ravit chaque jour un peu plus.
Coline finissait sa nuit dans le bus tandis que j'essayais de reconnaître la ville d'Aregua. Chose, pourtant simple, que je n'ai pas été capable de faire. C'est donc après 1h30 de bus et un court moment de panique que nous sommes descendues au milieu de nul part. Seule une route de terre semblait mener au lac Ypacarai.

Un mal pour un bien.
En suivant cette route nous avons eu l'agréable surprise d'arriver à une plage un peu isolée du lac Ypacarai où les familles viennent manger des asados le dimanche.
On s'est baladé un peu, puis nous nous sommes arrêtées près d'un arbre qui semblait se jeter dans le lac pour faire nos bracelets en macramé (Coline m'a appris à les faire, pour passer commande il vous suffit de me contacter). À ce moment-là nous avons rencontré des jeunes d'une ville alentour, on leur a appris à faire des bracelets autour d'un Terere, une sorte d'échange de bons procédés en somme.



Si vous regardez bien, vous pourrez voir une espèce rare dans cet arbre : une Coline !


La faim et l'envie de fraises nous ramenèrent à la civilisation.
Après avoir rejoint la route, nous avons agité notre pouce pour rejoindre Aregua et sa fameuse foire aux fraises. Une empanada au poulet plus tard, nous voilà en train de goûter tous les types de douceurs aux fraises :

  • brochette aux fraises enrobée de chocolat
  • fraises à la chantilly
  • œuf en chocolat rempli de fraises ET de chantilly par dessus
  • beignet à la fraise
J'ai faillit faire une indigestion de fraises, je ne me serais jamais douté que ça pouvait exister !





À la recherche d'une plage tranquille pour digérer.
Malheureusement seules la digestion et la plage étaient là, manquait donc la tranquillité. Sur le chemin pour arriver à la plage d'Aregua où je m'étais arrêté avec Luis, nous sommes passées par une feria artisanale très sympa. Puis nous sommes arrivées à la plage... bondée. À savoir que les paraguayens installent des basses énormes dans leurs voitures dans le but de mettre de la musique à plein tube quand ils font des asados ou qu'ils restent entre amis. Enfin, moi j'appelle ça plus du bruit que de la musique. Le fait est que Coline a quand même réussi à s'endormir un moment et que nous avons décidé d'aller voir la fameuse église d'Aregua un autre jour. Nous avons donc acheté 2 kilos de fraises avant de repartir pour Asunción avant la nuit.

Le trajet du retour fut plus rude que le réveil à 6h30.
Le bus était bondé. Au début nous étions debout sur les marches avec les portes grandes ouvertes (on ne change pas un bus pourri), puis toujours debout à se tenir sur les barres en hauteur, mal aux bras, aux jambes, fatigue... Et enfin, un peu après avoir fait la moitié du chemin, nous nous sommes jetées sur les 2 places qui se sont libérées juste devant nous. Puis nous avons repris un bus jusqu'à l'hôtel, arrivée à 20h, complètement mortes de fatigue.


Coût de la journée : environ 50 000 Gs (8 €).

Lien vers l'album photo : https://picasaweb.google.com/101785653578820488971/UnDimancheAAregua?authuser=0&feat=directlink


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